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Elle est éternelle ma mère. Je sais bien que la mort entrera un jour dans son corps et que l’âme en sortira pour ne pas manquer d’air, pour continuer à battre la campagne, ailleurs, autrement. Je sais bien mais en attendant ce jour, je prends un plaisir fou à entendre sa voix, l’entendre pas l’écouter, les mots n’ont pas une si grande importance, qu’avons-nous à nous dire dans la vie, sinon bonjour, bonsoir, je t’aime et je suis là encore, pour un peu de temps vivante sur la même terre que toi.
Christian Bobin
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