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Afin de vous écrire, je me suis assis sous les arbres. J’aime écrire ainsi dans l’air du dehors et je saisis aujourd’hui que je n’ai jamais possédé de pièce, de chambre véritable destinées à l’écriture. J’ai toujours écrit n’importe où : chambres d’amis, chambres de passage, cuisines sombres, cuisines claires, terrasses ouvrant sur l’azur. Il y a quelques livres posés près de cette lettre, sous l’encre noire de ces carnets, tous livres de poètes, de sourciers. Je n’ai vraiment aucune passion pour la vie littéraire, les pages annuelles des romans. Je n’aime que le feu des livres brûlés, des livres brûlants, le feu des pages insoumises. Je sais partager avec vous cette même passion. Nous travaillons dans le secret pour d’autres âmes invisibles et nous sommes bien des sortes sans ambition, œuvrant pour la vie passagère, la vie éphémère.
Joel Vernet