Vendredi 15 mai 2009
Par Béa
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Jeudi 14 mai 2009


Je voudrais vous parler, longtemps, avec des mots qui ne seraient pas seulement des mots, mais qui conduiraient jusqu'au ciel, jusqu'à l'espace, jusqu'à la mer. J'entends ce langage, cette musique, ils ne sont pas étrangers, ils vibrent autour, ils brillent autour, sur les rochers et sur la mer, ils brillent au centre des villes, même dans les yeux des passants.
 

Comment parler..? Les mots de cette musique viennent d'un pays où le langage n'existe pas, où le langage est scellé, enfermé en lui-même, est devenu comme la lumière, visible seulement de l'extérieur. J'attends le moment, j'attends le moyen. Cela va venir, cela arrive peut-être. Au bord des nuages, comme sur une dune de sable, un petit garçon inconnu est assis et regarde à travers l'espace.


Il est assis dans le ciel, comme sur une dune de sable, devant la mer, devant l'espace, et il regarde. Qui est-il? Je ne sais pas encore. Il n'a pas de nom. Il n'est pas encore tout à fait né.
Il n'a pas encore de nom. Peut être qu'il n'en aura jamais. Peut-être qu'il est né avec la musique, un jour, la musique libre des mots. C'est un enfant mystérieux, un enfant qui n'appartient à personne.

Ecrire seulement sur les choses qu'on aime. Ecrire pour lier ensemble, pour rassembler les morceaux de la beauté, et ensuite recomposer, reconstruire cette beauté. Alors les arbres qui sont dans les mots, les rochers, l'eau, les étincelles de lumière qui sont dans les mots, ils s'allument, ils brillent à nouveau, ils sont purs, ils s'élancent, ils dansent !


On part du feu, et on arrive dans le feu.


Je ressens le désir du réel. Trouver ce qui existe, ce qui entoure, sans cesse dévorer des yeux, reconnaître le monde. Savoir ce qui n'est pas secret, ce qui n'est pas lointain, le savoir non avec son intelligence, mais avec ses sens, avec sa vie.
Je ressens ce désir de réel avec tant de force qu'il me semble parfois que tous les autre désirs s'évanouissent. Je voudrais ouvrir les portes, les fenêtres, abattre les murs, arracher les toits, ôter tout ce qui me sépare du monde.


Je voudrais vivre dans un endroit tel que je pourrais voir sans cesse la mer, le ciel, les montagnes. J'ai faim et soif de chaleur, de vent, de pluie, de lumière. Les villes des hommes me gênent, les mots des hommes me gênent. Ils font obstacle à mon désir comme s'ils dressaient un écran devant le monde. Je voudrais retrouver les pays où personne ne parle, les pays de bergers et de pêcheurs où tout est silencieux, dans le vent et la lumière.


 


  Jean-Marie Gustave Le Clezio  “L'inconnu sur la terre”

 


 


Par Béa
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Mercredi 6 mai 2009


Il te faut apprendre à respirer les parfums de ton être
Comme une fleur que tu écraserais dans ta main
Dégage alors des senteurs de plus en plus fortes
Toi aussi, ainsi tu es ... dans l'extraction lente de ton essence


 

  Un enfant va naître et le père dit à l'enfant..


Il te faut apprendre à marcher
De cette marche aveugle mais confiante, chaotique mais ... élancée
D'un enfant à ses tout premiers pas
Regarde! Il ne tourne pas la tête en arrière
Il n'a pas le souvenir
Il lève les yeux et les bras vers le ciel
Cherchant là, justement, l'équilibre qu'il appelle
Ces premiers pas bien hésitants sont le début du voyage vers l'Homme


Il te faut approcher la vérité
Elle est dans ton regard profond
Un arbre, une fleur, un oiseau ...
Sauront te retracer le secret de son mystère
L'homme a fait beaucoup pour que la vérité devienne mystère
Ne t'abreuves pas à toutes les sources que rencontrera ton chemin


Tu es source
Tu es source, tu es résurgence de vérité
Certains êtres parlent vrai d'une vérité qui est la leur
Et que tu ne saurais atteindre
Cette vérité, si tu la prenais en ton coeur en leçon apprise
Pourrait devenir poison en ton sein

 

 

Il te faut apprendre à briller
Pour cela, fais toi étoile
Comme elle, laisse écouler de toi la lumière
Laisse là s'écouler
Au-delà du temps et de l'espace compté des hommes
Et tu seras phare dans la nuit pour laisser l'espérance
Tu t'effaceras au jour de clarté et, toujours, devant le soleil
Tu devras t'éclipser
Sois bonne étoile, sois la chance de tes frères

Il te faut apprendre à aimer. Aimer ...
Mais ce mot court sur toutes les bouches
Obstrue toutes les têtes là où tu vas
Ne retiens de ce mot que son unique chant
L'amour, c'est la langue des anges, c'est la musique de l'âme
Et tu rencontreras un jour, l'être qui met son coeur dans un regard
Et un regard dans son coeur
Ce jour-là tu chanteras ta vraie nature
Ce jour-là tu comprendras
Tu auras grandi

Quand l'amour aura effleuré les pétales cristal de ton coeur
Ce jour-là, ta main saura donner, ta main pourra donner
Et tu vivras dans le don
Tu vivras dans le don comme un poisson nage et vit dans la rivière
Comme un poisson nage ... et vit ... dans la rivière
La rivière pourtant ne lui appartient pas
Ainsi en va-t-il du don
Sois poisson dans le fleuve, sois richesse pour ton frère

En ce moment-là, ta vie d'homme aura atteint sa raison d'être
La tâche est remplie: il te faudra apprendre à mourir
Enfant, tu es éternel et cette éternité ne se voit qu'en lumière
Simplement ce jour-là, je reviendrai
Je reviendrai te dire en silence le sens de ta marche
Je reviendrai en silence affirmer ta vérité
Je reviendrai en silence adorer l'étoile
Te faire vibrer d'amour et te faire don ... de la vie

L'homme est le livre du monde,
L'homme est le livre du monde  ...
Dans la musique redécouvre l'ancien alphabet
Dans le mystère de ton coeur, prends conscience de l'univers
Cherche ta note et deviens symphonie
L'homme est un initié qui s'ignore et qui s'espère
Il détient toute connaissance sans oser la déchiffrer
Son père pourtant lui a tout donné
Qui le tient vivant dans son souffle, le nourrit de sa lumière

Alors enfant, prends garde
Tu as oublié le mot de ta naissance
Tu as oublié la musique de ton âme
La puissance de l'esprit qui vit en toi
Rebrousse chemin, enfant
Rebrousse chemin et reviens en toi-même
Reviens en toi-même profond ... profond ... profond ...
Reviens en toi-même et redécouvre ...
Le chant oublié...

 

 

 

 


Corinne, merci ma douce...

 


Par Béa
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Dimanche 3 mai 2009
Par Béa
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Samedi 25 avril 2009


Tu ne m'as jamais appartenu. Tu n'as jamais appartenu à personne.

Tu as aimé d'amour entier ceux que tu as rencontrés, et dans cet amour, tu n'as cessé d'exercer cette liberté radieuse.

Il n'y a pas d'image de cette liberté. Il ne peut y en avoir.Tu n'es pas dans les photographies.

Tu es dans ce goût que j'ai de vivre, tu es dans ces gens que je rencontre quand ils sont libres dans leurs coeurs, tu es dans les mots du poète.



Christian Bobin







Par Béa
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Recommander
Lundi 13 avril 2009



















Ce qu'il y a au fond de nous, ce ne sont pas les obsessions, ni les désirs contrariés, ni tout ce qu'on a inventé pour expliquer le mécanisme de l'esprit. Fausse science, cette science du langage par le langage, qui invente ses propres monstres. Mensongère, cette science qui interprète, qui divise, qui juge. La faillite de la psychologie est tout entière dans son intelligence. Car enfin, de quoi parlons-nous ? Parlons-nous des problèmes de la société, de la pluie et du beau temps, des jeux de société et des histoires drôles ? Si oui, la psychologie répond parfaitement.

Mais si nous parlons de l'âme, des émotions, de l'intérieur brûlant et remuant au fond de notre corps, comment imaginer que ces règles et ces associations d'idées vont réussir à en rendre compte ?
Mais plus encore que la naïveté et le mensonge, plus encore que l'orgueil, ce qui condamne les prétendues sciences humaines, c'est leur esprit de domination.


Je ne me sens pas intéressé par un savoir qui cherche à vaincre ou à convaincre. Je n'ai pas de goût pour l'intelligence qui trace ses plans, qui organise le futur. Connaître quelques secrets de l'esprit, pour quoi faire ? Pour ordonner, pour déterminer ?


Mais la part de l'esprit que j'aime, c'est celle-là justement qu'aucune parole ne livre. C'est la vie en profondeur, le mouvement, insaisissable.



 C'est le son de la voix, sa musique hésitante, contradictoire, et non la somme de ses mots. L'esprit de l'homme est semblable au vent, à la pluie, à la lumière. Quand on est au-dehors, on ne le perçoit pas. Quand on est au-dedans, il n'y a pas moyen de le comprendre. Il est trop mobile, imprévisible, bondissant. La beauté coupe le souffle, précipite. La beauté vous rend semblables, et vous n'avez plus le loisir de l'intelligence.


Plus que l'intelligence me semble belle cette faculté de la vie qu'on appelle la ruse. lntelligence immédiate, intelligence des gestes et des actes, subtilité instinctive. Alors l'homme est semblable à un animal qui court dans la forêt, tous les sens en éveil, percevant les dangers, sachant les chemins, n'oubliant jamais les cachettes et les repaires, ni les raccourcis qui sauvent.

Comprendre les autres, c'est les voir, vite, du coin de l'oeil, reconnaître leurs armes, ressentir leurs charmes. Inquiet, insatiable, l'homme aux aguets emprunte les sentiers qu'il connaît, écoute les signaux, flaire les empreintes. Il n'y a pas de mystère abstrait. Le regard scrute, épie. Il n'y a pas d'autre force que cet instinct, cet appel. Car c'est le jeu, le vrai jeu, enivrant et réel que l'on joue avec le monde vivant. Quand on est dans ce jeu-là, on ne cherche pas à comprendre, ni à dominer par l'intellect. On cherche seulement les aliments de la vie, tous les aliments.



Il y a des moments terribles, effrayants, des moments de violence inouïe et de cruauté.
Puis il y a de grands calmes bienfaisants, des clairières, des abandons, la chaleur de l'amour, les jours de naissance.



L'on n'a rien acquis. L'on n'a rien su, rien retenu. L'on a été dans la vie, tout simplement.


La beauté de l'âme, c'est ce flux qui passe, cette onde, cette vibration, cette voix qui parle avec les paroles internes, cette lumière qui vous change et vous trouble, sans que vous sachiez comment. Un dialogue, sans cesse, une interrogation, une exclamation, un cri - mais par les yeux qui brillent, par les oreilles qui entendent, par les odeurs infinies et précises, par toute la peau tendue, par toute la mémoire - comme si, par instants, la lumière des coeurs était enfin visible.


Ce sont les vraies paroles. Elles ne posent pas de questions. Elles ne demandent pas sans cesse, pourquoi, quand, comment..? Elles ne veulent pas de réponse tout de suite. Mais elles vont et viennent entre les corps vivants, comme un souffle, comme une odeur, comme une lumière, qu'on emprunte à tour de rôle. Entendez-les. Percevez-les. De drôles de vibrations électriques qui font trembler les nerfs, quand quelqu'un s'approche. Une aimantation qui vous attire, une chaleur diffuse qui éclaire votre peau. Puis, à d'autres instants, le froid, qui hérisse vos poils, le danger de la mort qui rôde.


C'est surtout par le regard que je sens cette vibration. Comme si quelque chose venait dans la lumière, comme si un faisceau réel appuyait au fond de moi. Dans l'immensité d'une foule humaine, deux yeux soudain m'interrogent, me parlent, à moi seulement, comme s'ils m'avaient choisi. Je les sens, j'entends ce qu'ils disent, avec les éclats du regard. Je ne pense à rien, je ne désire rien. Mais en moi je sens l'onde qui se déroule et s'élance, et mon coeur bat vite. Ou bien tout à coup au fond de moi quelqu'un habite. Je ne sais pas qui, je ne le connais pas, ne le connaîtrai jamais. Quelqu'un, un enfant peut-être, qui regarde une image brillante comme le soleil. Je ne veux pas savoir d'où il vient, ni pourquoi. C'est une image seulement que je vois, non pas avec les yeux, mais avec toute ma mémoire, une image qui vit en moi et rayonne. Peut-être l'ai-je reçue par hasard, peut-être que je l'ai portée longtemps, avant même ma naissance ?

 Certains jours, sans cesse, je sens les ondes qui vibrent, je vois les yeux qui brillent, il y a des étincelles sur le corps des femmes, des nappes bleues sous les pieds des enfants.
Certains jours, sans repos, cela s'allume et s'éteint, fait ses signaux. Que disent-ils..? Mais ce ne sont pas leurs mots que j'écoute. C'est le chant multiple et rapide des vivants. Les plus grandes émotions, le bonheur, l'extase, ils sont dans ce langage.


 La lumière est le verbe suprême qui nous enveloppe, nous brûle, nous transcende.


Si le langage n'est fait que de mots, il n'est rien du tout. Quelques bruits avec la bouche, quelques gestes, quelques silences: ce n'est pas une musique. Mais quand dans les mots viennent la danse, le rythme, les mouvements et les pulsations du corps, les regards, les odeurs, les traces tactiles, les appels; quand les mots jaillissent non seulement de la bouche mais du ventre, des jambes, des mains, quand tout l'air vibre et qu'il y a comme une auréole de lumière autour du visage; quand surtout les yeux parlent, et le regard est une route sans fin qui traverse le cosmos; alors on est dans le langage, dans sa beauté, et il n 'y a plus rien de muet, ou d'insensé. L'insuffisance comique des philosophies est de vouloir établir une signification. Mais la beauté, la puissance de la vie, quand on est sur leur passage, elles peuvent vous changer et vous révéler d'un seul geste, à la façon d'un éclair.


La beauté, cela ne s'invente pas. C'est une approche très lente et très douce, qui va plutôt à la vitesse d'une plante qui pousse. Un jour, encore un jour, une année, ainsi, lentement, étendant l'une après l'autre ses branches, occupant le ciel et l'espace, assurant sa prise dans la terre, tandis que passent les saisons, le vent, la nuit, le soleil, les eaux de la pluie.

Cette flamme qui brûle au fond des êtres est belle et pure. Ce n'est pas une déflagration qui calcine. C'est une action obstinée et réfléchie, une combustion continue. C'est la force de l'irréductible.

 


C'est une flamme qu'on ne remarque pas tout d'abord, parce qu'on est souvent distrait par toutes les étincelles et tous les éclats qui tourbillonnent sans cesse : la brillance, le luxe, miroirs partout tendus, phares aveuglants braqués sur les yeux, grandes plages de couleur, de blancheur.

Mais lorsque tout devient gris de fatigue et d'usure, lorsque la plupart des êtres se sont éteints et se sont effacés, alors on remarque cette lueur étrange qui brille par endroits, comme des feux de braise. Quelle est cette lueur..? Que veut-elle..? Est-ce le désir..?


 Le plus simple désir alors, la force de la vie, la force de la vérité.


Ceux qui refusent les mensonges, ceux qui ne sont pas compromis dans les affaires louches du monde, ceux qui ne se sont pas avilis, qui n'ont pas été vaincus, ceux qui ont continué à vibrer quand tous les autres se sont endormis : la lumière n'a pas quitté leurs yeux. Elle continue à sortir de leur peau, de leur âme, la lumière pure qui ne cherche pas à vaincre ou à détruire.

 



La lumière pour cette seule action : voir, aimer.
Je cherche ceux et celles qui brûlent. Ce sont les seuls immortels.




Jean-Marie Gustave  Le Clezio, "
L'inconnu sur la terre".

Par Béa
Ecrire un commentaire - Voir les 4 commentaires - Recommander
Mardi 7 avril 2009




Par Béa
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Recommander
Vendredi 3 avril 2009

 
Il y a des fous tellement fous que rien ne pourra jamais leur enlever des yeux la jolie fièvre d'amour. Qu'ils soient bénis. C'est grâce à eux que la terre est ronde et que l'aube chaque fois se lève, se lève, se lève.



Christian Bobin






Par Béa
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Recommander
Mercredi 1 avril 2009


Les petits riens, qui font nos grands moments
Qui vont, qui viennent, quand ils ont le temps
Les atomes de vie qu’on attrape en rêvant

Ces petits riens ont tous quelque chose
Quelque chose en commun qui nous métamorphose
Ces éclairs de vie qui courent entre les choses

Saurions-nous les retrouver ?
Voudrais-tu les partager ?
Ces moments de vérité..
Hum…

Les p’tits détails, qui ne paient pas de mine
Les petits bouts de gestes, qui soudain illuminent
Un souffle entre les mots, un rire qui culmine

Saurions-nous les retrouver ?
Voudrais-tu les partager ?
Ces moments de liberté..
Hum…

Tu passes la main dans tes cheveux..
Je regarde le ciel, le ciel...

Oh mon ange..
Oh mon coeur..

Ces petits riens, qui font nos grands moments
Ils vont, ils viennent, ils prennent tout leur temps
Et plus on les désire, plus on les attend

Pourrions nous encore en vivre..?



Jean-Louis Aubert




Par Béa
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Recommander
Dimanche 29 mars 2009





Découvre les plus belles merveilles du monde.
Trouve les plus fabuleux trésors de cette terre.
Cherche l’histoire d’amour la plus profonde,
Et la plus pure de toutes les prières.
Mais tout cela n’a d’égal à la richesse de ton coeur.

Lis les plus beaux poèmes qui ont été écrits.
Ecoute les plus belles mélodies qui se jouent.
Goûte les plus exquises saveurs de tous ces pays,
Et sents les plus doux parfums qu’il y a partout.
Mais tout cela n’a d’égal à la richesse de ton coeur.




 Fleur

Par Béa
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
 
Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés